Lorsque l’on parle de structure éditoriale en SEO, il arrive bien souvent que l’on emploie le terme « sémantique ». Qu’il s’agisse de « cocon » (j’emploie le terme à la mode), « grappe » ou « silo sémantique », le concept existe depuis fort longtemps. Même si certaines différences subsistent dans leur approche, leur objectif reste le même.

Rappel : j’avais fait il y a quelques années un post sur l’architecture thématiques d’un site web, présentant un peu ma façon de voir la chose. Considérez cet article comme une mise à jour, voire un « remake » :).

Qu’entend-on par sémantique ?

La sémantique fait partie des techniques utilisées par les moteurs de recherche pour comprendre le contenu d’une page et pouvoir l’associer à des mots clés. L’analyse sémantique d’un texte permet d’en établir la signification en utilisant le sens des mots dans le contexte de ce texte.

Pris de façon isolée, les mots peuvent souvent avoir différentes significations (source). D’ailleurs, si l’on regarde comment évoluent les moteurs, on comprend qu’ils arrivent de mieux en mieux à analyser le regroupement de mots-clés, à la fois de façon classique mais aussi sous forme de concepts, permettant alors de bien mieux comprendre les intentions de l’usager… Mais je m’égare !

Du coup, c’est quoi ton silo sémantique ?

En SEO, le concept est toujours le même depuis le début. Vous avez des pages clés sur votre site pour lesquelles vous souhaitez mettre l’emphase d’un point de vue visibilité organique. Hormis l’optimisation on-page, il y a 2 façons de procéder : maillage de liens internes et liens externes.

La création du silo sémantique

Les explications ci-dessous sont tirées de ma méthodologie mais pour des raisons de lisibilité, je me suis davantage focalisé sur certaines étapes seulement. J’imaginerai aussi une page pour illuster mon post.

1) Comprendre la structure du site de son client

La base. A chaque fois que je démarre un nouveau mandat, je m’assure de bien comprendre comment le site est architecturé. Ca peut paraître évident, mais prendre le temps de faire cette tâche vous permettra de connaître facilement quelles sont les pages profondes, isolées, quasi similaires, qui mériteraient + (ou -) d’attention. On en profite également pour voir si les contenus s’indexent bien.

Bien entendu, ça nous permet aussi de savoir comment l’information doit se structurer pour le corps de métier X qui correspond à celui de votre client. Je vous invite d’ailleurs à aller jeter un coup d’oeil à la concurrence, ça vous aidera à comprendre plus vite.

2) Faire la recherche de thématiques

Je sais ce que le site de mon client propose et/ou vend à ses visiteurs. Reste maintenant à savoir comment ces derniers font pour nous trouver. Si vous avez de la chance, le moteur interne du site pourra vous donner un aperçu des requêtes tapées. Allez voir aussi les principales pages de destinations issues de la recherche organique (hors homepage) et lister les thématiques se rapportant à ces pages.

En parallèle, un petit tour dans Google Search Console vous donnera un aperçu des requêtes tapées pour lesquelles votre domaine apparaît au cours des 90 derniers jours : c’est pas immense mais ça permet de se donner une première idée. Après, libre à vous de procéder comme vous le souhaitez pour faire votre recherche de mots clés, on a tous nos façons de faire. Pensez juste à faire un regroupement des idées clés qui se complémentent au sein d’un même silo sémantique.

En effet, si vous commencez à chercher tous les sujets qui se rapportent à un mot clé, autant dire que vous ferez un peu de la merde car au final vous ciblerez tout et n’importe quoi, serez trop générique et produirez probablement de la bouillie éditoriale que même Jean-Michel Spammy n’achètera pas à rabais chez Auchan.

3) Poser à plat la structure « mise à jour » de son site

Vous savez quelles sont les pages de destinations que vous voulez pousser dans les résultats. Vous savez également quelles sont les thématiques clés personnalisées et rattachées à ces pages que vous voulez pousser.

Là, généralement, je prends du papier brouillon et je commence à me faire un croquis qui va représenter un peu le tout dans l’espace. Ca me permet d’avoir une idée en terme de volumes de contenus qui vont booster mes pages ciblées et leur regroupement sémantique.

D’ailleurs, c’est tout bête, mais pensez toouuuujours à faire un schéma visuel pour présenter une structure hiérarchique de site, ne serait-ce que pour valider un projet plus rapidement et convaincre votre boss qui est peut-être un pro en marketing mais pas en SEO.

Ce schéma doit aussi montrer les règles de maillages interne

4) Définir les règles de maillage interne

Il y a 2 règles à définir : les liens horizontaux (frères et soeurs) et les liens verticaux additionnels (enfants, petits-enfants, ptit ptit enfants, petits cousins, etc…)

Je vais procéder par l’exemple pour mieux expliquer le tout. Partons du principe que je souhaite optimiser la page liste de produits « bottes d’hiver » qui est sur mon site. C’est la page clé, celle pour laquelle je veux absolument pouvoir mieux me positionner qu’actuellement dans les SERP.

Liens horizontaux : les pages listes de produits qui seraient les frères et soeurs de cette page seraient, à mon sens : « baskets d’hiver« , « chaussures à talon hauts pour l’hiver » et « chaussures à talons plats d’hiver« . J’exclue volontairement ma page liste de produits de « sandales » car je pense que c’est complètement stupide de relier cette page à la thématique de chaussures d’hiver (et à raison, car il n’y a pas de sandales pour l’hiver dans le pays ciblé par mon site).

J’exclue également les pages liste de produits de vêtements (pantalons, pull, gilets, etc…) pour l’hiver. En effet, bien que la thématique de l’hiver soit ciblée, on parle d’un tout autre genre d’items… Restons dans ce que l’on porte aux pieds et évitons de nous égarer.

Liens verticaux : c’est ici qu’il va falloir bosser un peu plus pour savoir quelles seraient les pages enfants, petits enfants, petits cousins qui pourraient être reliées aux 3 pages précédentes, mais surtout à ma page de bottes d’hiver. Je ne parlerai pas de liens automatiques générés par le fil d’ariane ou depuis une page produit relative, mais plus de pages qui, regroupées ensemble, permettraient de créer « une grappe » ou un « cocon » comme certains aiment les appeler.

J’ajouterai une nuance sur le type de pages qui font des liens verticaux vers votre page cible :

Page enfant : page plus profonde dans le site mais qui relève de la même grande catégorie que la page à promouvoir.

Page cousin : page plus profonde dans le site qui ne relève pas de la même structure hiérarchique que la page ciblée.

  • J’ai découvert que durant l’hiver, pas mal de gens se demandent quels genres de bottes on devrait porter lorsque l’on prend l’avion pour être confortable et, en même temps, ne pas mourir de froid une fois à l’extérieur.
  • Je trouve également pas mal de discussions autour de l’entretien de ses bottes durant l’hiver (il faut dire qu’avec la glace, la neige et le sel, elles dégustent pas mal).
  • En plus de ça, j’ai lu je ne sais pas combien de commentaires sur 2-3 sites Fashion canadiens où les filles demandent quoi porter avec des bottes d’hiver bien grosses, tout en ayant quand même un peu la classe (les grosses bottes d’hiver sont loin d’être des objets sexy).
  • A côté de ça, j’ai lu un article sur un nouveau type de matériau découvert au Canada qui va servir à produire des bottes d’hiver de qualité supérieure. Le matériau en question a l’air vraiment de changer la donne par rapport aux bottes de marques fabriquées on sais très bien où. Intéressant, en creusant un peu le sujet, je peux ainsi voir quelles sont les principales questions posées par rapport au matériau et à sa présence dans nos bottes au quotidien.

grappe-semantique

A travers ces 4 thématiques, c’est une multitude de pages structurées répondant à des besoins spécifiques que je vais construire. Et je sais que tous les sujets abordés dans ces pages sont liés de près ou d’assez près à ma page de départ que je souhaite promouvoir (souvenez-vous les bottes d’hiver).

Après une analyse de sujets, je note que j’ai une bonne quarantaine de pages à créer : whouhou !! Oui enfin bon, calmons-nous, va falloir faire ça bien, pas comme un cochon.

C’est là que l’on va recommencer à penser à nos liens horizontaux, cette fois-ci entre ces pages pour affiner le regroupage des ces « sous-thématiques » si l’on peut dire. Il y a même certains contenus qui bénéficierons d’un maillage de liens vertical, tellement l’analyse a été poussé.

Bien sûr, il faudra trouver une façon d’injecter intelligemment un lien vers ma page de bottes d’hiver. Et si ce n’est vraiment pas possible, alors au moins un lien vers l’une des 3 autres pages soeurs. Il y a plein de schémas présentant visuellement le concept de silo sémantique, je me suis permis de reprendre celui de Sylvain, qu’il nomme lui-même « grappe sémantique ».

Enfin, et c’est une chose importante lorsque l’on construit un maillage interne, il ne faut pas vouloir tout relier. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il faut éviter d’avoir du bruit inutile en terme de maillage interne lorsque l’on construit un silo sémantique, que ça soit sur le plan vertical ou horizontal. Reliez la page que vous souhaitez promouvoir, pas nécessairement d’autres pages.

En crawlant ces nouvelles pages, les bots doivent être en mesure de comprendre qu’elles tournent autour d’un même concept (bottes d’hiver), à travers plusieurs thématiques (entretien, fabrication, mode, voyage avec des bottes, etc…) et que les mots-clés que l’on retrouve dans ces pages renforcent le désir de positionnement sur ces thématiques, tout en se référant à chaque fois à une page clé : les bottes d’hiver.

5) S’assurer de l’optimisation on-page

Avant de se lancer dans la création, la rédaction et l’intégration de toutes ces pages, je dois voir avec les équipe éditoriales et Front End pour pouvoir gérer les requis SEO, parfois subtiles, mais qui vont me permettre d’être beaucoup plus souple dans la création de contenus. Par exemple :

  1. La possibilité d’avoir un title tag et un titre h1 différents et éditables
  2. La possibilité d’éditer un titre sans changer l’URL
  3. L’intégration facile des images avec le champ éditable pour la balise ALT
  4. La possibilité de jouer entre plusieurs templates
  5. La gestion des règles de liens internes pour les pages frères et soeurs
  6. La possibilité d’avoir une version AMP de ces pages, etc…

En plus de ça, je m’assure que tous les rédacteurs/journalistes qui vont créer les pages soient sensibilisés à la rédaction de contenus pour le web, notamment sur l’usage, la proximité de mots clés et la capacité des moteurs à comprendre le language humain en 2016. On en profite aussi pour leur faire oublier les mythes quand au nombre d’occurrences d’un mot clé à utiliser dans une page pour les aider à se focaliser sur les termes associées à l’idée dont ils vont parler, etc…

Pour être honnête avec vous, à chaque fois que je démarre chez un nouveau client, je m’assure toujours de faire -entre autre- un Workshop SEO « Ecrire pour le web » avec une approche pragmatique pour les éditorialistes. Ca permet de s’économiser de nombreux aller-retours sur le long terme.

6) Etendre la portée de son silo sémantique

Tous les contenus ont été créés. La structure étendue de mon site web répond à mes besoins SEO, les pages sont correctement reliées entre elles et la volonté de promouvoir ma page bottes d’hiver en interne est bien là.

Si vous avez bien fait votre boulot, vous devriez voir des résultats quelques semaines après. Au cours de mon expérience en SEO, j’ai crée des silos sémantiques dans le domaine de la cuisine, de la mode, de la formation, de la nécrologie ou encore du pharmaceutique, j’ai toujours eu des retombées positives sur mon trafic, allant de +5% à +250% (oui oui, vous avez bien lu).

Comme dit au début de ce post, le concept fonctionne depuis des lustres, du moment qu’on réfléchit un peu sur la façon de faire la chose et qu’on y va pas comme un gros cochon en spammant tout.

Ceci étant dit, si on veut bien faire, il faut rendre ces 40 nouvelles pages populaires, histoire que les bots leur attribuent plus de poids. Certes, il y a le facteur interne qui pèse dans la balance, mais avoir quelques liens externes bien placés pointant vers ses pages seront très bénéfiques à l’objectif initial.

A vous de voir comment vous pouvez faire connaître vos pages de façon « organique » mais les méthodes sont multiples. Si j’ai un sondage bien croustillant parmi mes 40 pages, ça va aussi me faciliter la tâche (déjà réalisé dans le passé avec des retombées très positives en termes de backlinking).

Avoir quelques liens entrants cohérents vers ces pages, les bots vont réhausser leur pertinence au sein du site d’un point de vue. Elles seront donc considérées comme des pages ayant plus de poids dans la structure globale de votre site et, ô joie, elles linkent déjà vers votre page bottes d’hiver… Vous me suivez ?

7) Mesurer le poids organique de votre site

La tâche ultime, classique et normalement gratifiante pour mesurer vos efforts. Analysez à la fois l’évolution du trafic organique entrant sur vos nouvelles pages mais aussi sur votre page ciblée. Si tout va bien, la courbe devrait être croissante pour cette dernière.

Bref, je me relis, c’est clair pour moi et j’espère que ça l’est pour vous. Dans le cas contraire, n’hésitez pas à me questionner sur Twitter, ça fait toujours plaisir de répondre à vos messages.