Refonte de site, migration de site, nouvelle version du site, il s’agit là de termes qui donnent généralement quelques sueurs froides aux référenceurs, surtout si ces derniers ont été informées quelques jours avant la mise en production. Cependant, la refonte d’un site web génère souvent beaucoup de buzz et d’attention auprès des autres collaborateurs. Par mon vécu, je peux vous assurer que c’est une opportunité pour vous, référenceur qui travaille souvent solitaire ;). En effet, c’est le meilleur moyen d’alerter tout le monde sur les conséquences SEO d’une refonte de site. Et là, étrangement, chaque personne enregistrera tous les mots sortis de votre bouche car « on veut que cette refonte se fasse bien », ce que je peux entièrement car ça coute quand même un bon paquet de fric de toute refaire ! :)

1) Comprendre l’ancienne structure du site pour créer facilement des règles de redirections 301

Avant toute chose, il est essentiel de bien analyser la structure de votre site web. Vous devez être en mesure d’établir un arbre hiérarchique structurant l’ensemble des (principales) pages du site. Vérifiez si certaines pages ne sont pas déjà sujettes à des redirections diverses. Si c’est le cas, voir si ces redirections sont encore nécessaires. Une fois que vous avez bien toute la structure du site en tête, vous allez pouvoir établir des règles de redirections http entre les anciennes pages et les nouvelles. La corrélation ancienne/nouvelle page va se faire bien plus naturellement et sans stress. Pensez également a évaluer le poids SEO des différentes pages qui vont être redirigées.

Bien sur, il n’est pas nécessaire de le farie page par page mais au moins par types de pages (un simple filtre Analytics vous permet de connaître la part de trafic SEO sur les pages de type /xxx/ par exemple). Ce point est important car il est possible que vos supérieurs aient décidé de supprimer des sections du site pour des raisons politiques. A vous alors de bien leur faire comprendre les conséquences de tels actes au niveau SEO… Et généralement, vous devez essayer de les convaincre de garder ces pages, quitte à les réécrire ou les « ranger » ailleurs.

2) Utiliser Xenu pour lister toutes les URL à rediriger

Même si vous avez capable de créer des règles de redirections entre tel et tel types d’URL, il  y a toujours des exceptions qui peuvent passer à travers le filet. Pas de pitié, en ce qui me concerne, je suis très perfectionniste là-dessus et je n’aime pas laisser des pages à l’abandon (il y a assez de pages 404 sur le web, pas besoin d’en rajouter des nouvelles :) ). De ce fait, rien de mieux qu’un petit Xenu pour lister toutes les URL crawlées par les moteurs de recherche. Pour aller plus vite, vous pouvez très bien vous limiter au crawl des pages dans les sections qui vont être amenées à changer.

3) Élargir son champ sémantique pour le SEO

Qui dit refonte de site dit aussi parfois nouvelles sections, nouvelles catégories. Quoi de mieux que de s’intéresser de près à ça pour pouvoir réorganiser vos champs sémantiques et développer ceux pour lesquels le site présentait alors peu de potentiels. D’ailleurs, c’est toujours mieux d’avoir de nouveaux champs sémantiques à couvrir pour une refonte car ça permet de pallier généralement à la baisse de performance organique dû aux redirections. En effet, les redirections 301 permettent de conserver une bonne partie des performances accumulées sur les anciennes pages, mais pas toute. Par le passé, j’ai pu voir généralement que je perdais 3 ou 4 positions avant de revenir à une situation à peu près normale 2 ou 3 mois plus tard… Mais encore une fois, tout dépend de votre site, des pages, des backlinks… Mais bon, si la refonte peut vous permettre d’exploiter un/plusieurs champs sémantiques supplémentaires, foncez !

En tout cas, c’est ce que je fais et j’essaie d’utiliser les refontes pour augmenter le trafic organique… Et ça marche bien souvent, surtout quand c’est bien fait ! :)

4) S’assurer que les redirections soient bien faites.

Ce titre est en rapport direct avec la phrase précédente. On vous dit « ça y est, c’est en prod ». Premier réflexe ? Aller vérifier que les redirections 301 ont été correctement effectuées. Vous pouvez utiliser des outils pour cela mais quoi de mieux que de tester les redirections comme un utilisateur directement depuis Google. A ce moment là, autant être honnête, il vaut mieux être TRES réactif. Pour ma part, je considère qu’une journée sans redirection qui fonctionne, c’est déjà trop tard ! Google a eu le temps de passer plusieurs fois sur le site et de voir les liens cassés… Un peu pessimiste ? Pas vraiment en fait !

La bonne application des redirections est le fondement d’une migration réussie au niveau seo. Donc dès que c’est en ligne, vos redirections aussi et le tout doit être transparent pour les moteurs et pour vos internautes.

5) Faire des rapports SEO rapprochés après la migration

Lors d’une migration, je suis de près les évolution au niveau du positionnement des pages mais aussi au niveau du référencement des nouvelles. Evolution du nombre de nouvelles pages référencées dans Google, positionnement global du site sur mes mots-clés actuels mais aussi les nouveaux, il est nécessaire de suivre tout cela de près afin de voir les conséquences de cette migration. Si vous avez fait les choses proprement, la chute de trafic devrait être minimale (là encore je m’en réfère à une expérience vécue chez un clients où non-seulement les redirections 301 ont été bien faites mais où pas mal de nouvelles pages sont apparues sur le site, permettant de camoufler la petite perte de performance seo et d’augmenter mon trafic seo de 30% 2 mois plus tard).

Pour conclure, je dirais qu’aucune migration ne se fait parfaitement. Il y a toujours des petits accros ici et là. Néanmoins, et je ne dis pas ça seulement en tant que référenceur, la conservation des performances et de l’historique seo accumulé au fil des années est primordial pour le prolongement de la vie de votre site. Cette performance durement accumulée doit être conservée et il n’y a rien de pire que de devoir tout reconstruire… Contrairement à une campagne Adwords par exemple qui prendre peut-être quelques heures à rectifier mais qui n’aura pas d’impact sur le long terme.