SMX Advanced Seattle 2016

Il y a 4 ans, j’ai eu la chance d’être envoyé au SMX Advanced et j’avais globalement apprécié l’événement de 3 jours. Cette année encore, j’ai eu l’occasion de pouvoir y participer (excepté la journée Workshop). C’est l’heure du compte-rendu sans langue de bois.

1er jour – Mercredi 22 juin

a. The Periodic Table of SEO Ranking Factors

Comme à l’habitude, on démarre par le fameux compte-rendu à travers duquel 3 intervenants viendront partager des faits et expériences menées en SEO, tout en revenant sur l’importance de certains facteurs. Assez intéressant, ça permet clairement de confirmer pas mal d’acquis et d’avoir quelques cas concrets supplémentaires pour les confirmer. On ne parle pas de grosses tactiques SEO hein mais c’est toujours agréable de démarrer avec ça.

b. Advanced Enterprise SEOs, Unite

Avec un titre comme ça, je m’attendais à du lourd ! Que nenni, le premier intervenant (Colleen Harris) nous parle de signaux locaux et on se demande clairement ce qu’elle est venue foutre ici. Rien de bien transcendant, c’est ultra basique. Bref, on l’oublie rapidement.

Ensuite, c’est au tour de Garth O’Brien (directeur SEO chez Go Daddy) qui vient nous partager son compte-rendu sur les éléments vitaux à considérer lorsque l’on est SEO in-house. Rien de nouveau non-plus mais au moins, on revient dans le sujet annoncé.

Enfin, Patrick Stox (spécialiste SEO chez IBM) vient nous parler de différents problèmes récurrents qu’il a rencontré en tant que SEO In-house. C’était le plus junior des 3 mais c’était surtout celui qui voulait partager tout ce qu’il avait vécu. On en attend pas moins pour un SMX Advanced. Son compte-rendu d’In-House permet de confirmer qu’on est souvent confrontés plus au moins aux même problématiques en entreprise, ce qui rassure. Et humainement parlant, Patrick a l’air super cool.

Lunch avec l’agence Merkle

Grâce à l’ami SEOMuscle, j’ai pu m’incruster dans un lunch privé géré par l’agence Merkle. On a eu le droit au passage à 2-3 présentations SEO techniques et intéressantes sur tout ce qui était Schema.org et Javascript. Enfin du bon, il était temps de sortir un peu des théories mielleuses et ennuyantes ! En plus de ça, j’ai eu l’occasion de taper un peu la discussion avec eux après, des mecs assez sympas qui vivent dans le concret, ça fait plaisir.

c. SEO & Social: let’s dance

Je n’avais pas trop envie d’aller assister à une conf sur AMP, alors je me suis dit que du SEO mixé au social pouvait donner quelque chose d’intéressant.. Quel naïf ! Un ramassis de généralités, d’infographies et d’outils vomis dans tous les sens sans avoir quelque chose de concret. 3 intervenants qui répétaient presque la même chose mais différemment. Je m’attendais davantage à des cas concrets, à un transfert d’expérience sur les façons de travailler entre SEO et social mais au lieu de ça, c’était de la soupe ! J’en ai eu marre 15 minutes avant la fin, Julien 50 minutes avant la fin :D.

Je suis sûr que Travis Wright, Maggie Malek et Jason White connaissent le social mais mon dieu, présentez-nous quelque chose de construit et différent de tout ce que font 90% des autres intervenants, en apportant de la valeur ajouté au SEO spécialiste que je suis… Bref, à oublier !

d. What Advanced SEO Should Know From The Google Rater Guidelines

Quelques bons conseils notés sur tout ce qui est autorité et crédibilité d’un domaine histoire d’enrichir ses bonnes pratiques SEO. Les présentations étaient globalement bonnes mais à aucun moment, les 3 intervenants ont repris des critères pures de la doc de 200 pages des Guidelines Google alors qu’il y a des relations à faire. Pas l’intervention du siècle mais quelques idées concrètes à partager, notamment sur la construction d’une marque d’un point de vue organique.

e. AMA with Google Search

On termine la journée avec une grosse conférence et des questions qui font mal pour Gary Illyes, analyste de chez Google. Echanges rythmés mettant en avant le fait que Google se fout un peu de notre gueule. Pas de grosses surprises de la bouche de Gary mais bon, il ne faut jamais en attendre trop de Google. Au moins, le type n’a pas le charisme d’une huître comme un certain J.M. qu’on voit un peu trop souvent en vidéo…

J’ai eu l’occasion d’être invité à souper par les mecs de chez Conductor. Bonne ambiance, c’était plutôt sympa avant de terminer sur la soirée SMX After Dark pour bien décompresser de la journée et papoter un peu. Si la journée s’est déroulée sans accroc pour ma part, on ne peut pas en dire autant de l’ami SEO Muscle qui s’est fait voler son PC alors qu’il y avait un service de sécurité qui était censé garder le vestiaire… La loose ultime.

2ème jour – Jeudi 23 juin

a. Keynote SEM Google et Bing

Je ne suis pas resté longtemps à cette conférence car c’était uuuuultra orienté Adwords et Bing Ads avec des discussions du genre « Est-ce que vous vous rendez compte des conséquences générées par le fait de pouvoir ajouter 5 caractères dans la description de mon Ads »… Bon ok j’exagère un peu mais je pense que le Keynote était clairement destiné aux adorateurs du PPC. J’en ai donc profité pour aller voir les exposants.

b. Big Data’s Real Promise

Britney Muller, que je ne connaissais pas jusqu’à présent, est venue nous parler de big data. Après un 2-3 minutes d’explication sur la chose, elle est tout de suite rentrée dans du concret et elle a partagé pas mal de bonnes pratiques à travers des expériences concrètes. Une présentation bien montée, une intervenante dynamique qui communiquait de façon fluide et qui a réussi à m’intriguer sur certains points : la bonne surprise du jour !

c. What To Do When Google Can’t Understand Your Javascript

Probablement la meilleure intervention du SMX selon moi. Jody O’Donnel (spécialiste SEO technique) est revenu sur la prise en compte du Javascript par Google et les autres moteurs. HTML Snapshot, gestion du DOM, il est bien rentré dans les détails en montrant clairement les besoins et les limites du moteur. C’était bien complet, bien structuré et assez riche en explications. Jody a également évoqué les choses à faire/ne pas faire dans le cas où le site fait des appels JS pour afficher du contenu, s’il est construit sur un applicatif JS ou si encore on se doit d’utiliser du PushState. Bref, un niveau de présentation comme j’aurai aimé voir chez tous les autres intervenants.

d. Solving Complex SEO Problems When Standard Fixes Don’t Apply

Avec un titre pareil, j’étais bien chaud pour continuer de prendre des notes, surtout vu la conf précédente qu’on venait d’avoir. Je suis vite tombé de ma chaise lorsque j’ai constaté quels étaient les problèmes complexes auxquels l’intervenante était confrontée. « Redirections 302 au lieu de 301 », « mauvaise application du canonical tag » ou encore « intégration difficile des meta robots »… J’ai cru pendant 2 min qu’elle se foutait de nous vu qu’elle avait démarré sa conf sur l’humour… Puis en fait non.

Vous, je ne sais pas, mais je pense qu’on a pas tous la même notion de « problèmes très complexes en SEO ». Je m’attendais au moins à l’exemple des pages indexées dans la mauvaise version linguistique du moteur par exemple… Même pas ! La conf aurait du s’appeler « Recurrent SEO Issues for young marketing specialist ».

e. Advanced Google App Deep Linking

2 présentations complémentaires et assez complètes pour le débutant/intermédiaire qui veut en savoir plus sur tout ce qui est App Indexing et Deep Linking. Je ne suis pas concerné par le sujet avec mon client actuel (en tout cas, pas pour le moment) mais c’était pas mal.

f. Ask the SEO’s

La dernière rencontre SEO du SMX Advanced. 4 experts SEO sont sur l’estrade et c’est l’occasion de leur poser pas mal de petites questions. Concrètement, le concept est cool et j’ai au moins 1 de mes questions qui est passée. Techniquement par contre, ma question était trop dure pour eux (ils me l’ont dit) et du coup ils ont zappé à la suivante… Pouf. Alors oui, les questions du genre « Quel CMS SEO Friendly choisir ? » ou encore « Sous-domaine ou sous-répertoire ? » pleuvaient mais merde, si la question est trop dure, on prend 1 min, on réfléchit, on demande à l’audience au pire. C’est l’objectif de cette table ronde, non ??

Mon but était vraiment d’avoir leur avis sur un sujet spécifique, qu’il soit foireux ou pas. Mais ne rien répondre car c’est trop dur et je ne veux pas m’engager, ça a été un peu la « cerise sur le sunday » comme on dit au Canada. Bon, cela dit, il y a eu d’autres questions posées qui ont rendu la table ronde globalement intéressante.

Conclusion

Globalement, vous l’avez deviné, j’ai été déçu par ce SMX Advanced édition 2016. Si vous m’avez lu jusqu’ici, vous avez dû vous dire « putain Ramenos, t’es dur là ». Lorsque votre boîte paye 2000$ pour un événement qui se veut être d’un niveau avancé, vous vous devez de repartir d’ici avec quand même pas mal de petites choses en plus et de quoi enrichir votre inspiration SEO. Et malheureusement, cette année, les bonnes interventions se comptent sur les doigts d’une main.

Le SMX Advanced, c’est aussi l’occasion de réseauter, découvrir directement les fondateurs de tel ou tel outil que vous utilisez et de voir les nouveaux sur le marché. Sur ce plan là, l’événement est une réussite, il n’y a rien à redire. Les américains sont de toute façon toujours « friendly » et il n’est pas difficile de parler de X ou Y sujet avec quelqu’un.

Au niveau de l’organisation, rien à redire également, tout était nickel, pas de retard, pas de souci technique, les conférences SEO et SEA s’enchaînaient sans problème.

Mais voilà, le vrai problème reste le contenu même de l’événement : trop commercial, un niveau qui se veut « Advanced » mais qui est en réalité bien plus proche du « débutant » ou « intermédiaire ++ » et un manque de profondeur dans la plupart des conférences. Lire un article sur SearchEngineLand qui manque de profondeur, on est tous habitués. Mais payer 2000 boules pour avoir un truc qui reste trop en surface à l’oral, là par contre, ça le fait pas trop. Bref, ça sera probablement mon dernier SMX Advanced et la prochaine fois, ça sera autre chose. Dommage car l’édition de 2012 était d’un niveau plus avancé.