Mon entreprise étant actuellement à la recherche d’un(e) spécialiste en Adwords, c’est moi qui suis en charge de l’évaluation et du recrutement. Petit clin d’oeil à Julien qui semble en avoir vu de toutes les couleurs récemment côté SEO.

Dans le milieu du référencement, le spécialiste Adwords est loin d’être un métier qui a 20 ans derrière lui. Au Québec, j’ai même l’impression que le métier est plus récent qu’en France et là ou ça se complique encore plus, c’est qu’on est pas si nombreux ici. En France, 60 millions de personnes. Au Québec, un petit 8 millions… Sans compter qu’il faut trouver quelqu’un qui parle bien français et anglais (Amérique du Nord mes amis, on ne peut pas se contenter du français).

Les conditions requises ne sont pas immenses : avoir au moins 1 an d’expérience en Adwords, s’intéresser au web et un peu au SEO d’une manière générale.

Alors, je ne sais pas si c’est mon entreprise qui a du mal ou si c’est partout la même chose, mais figurez-vous que c’est une vraie galère. Les 2 seuls avantages – je pense – par rapport au SEO sont le périmètre de connaissances qui est un peu plus restreint, ainsi que l’évolution du métier qui se fait plus en douceur.

Les CV commençaient à arriver et pour rendre les entretiens plus efficaces, j’avais préparé quelques scénarios. Je ne peux pas vous les écrire ici mais sachez qu’il ne s’agit pas de scénarios pièges, mais juste des questions de bon sens pour savoir si le candidat pourrait gérer une situation imprévue…

Et là, autant être honnête, j’ai pu rencontrer différents profils à travers différents types de réponses :

Le diplômé

Il est en train de terminer ses études. Il dit connaître parfaitement Adwords et m’annonce même qu’il a eu la certification. En creusant un peu, je cherche à savoir quel genre d’expérience il a eu avec le PPC… Et là étrangement, ça coince, on en revient toujours et encore à la certif. Hum… « Dis-moi mon grand, à part la certif, y a quoi d’autre ? »

Je ne nie pas le fait qu’il/elle a peut-être des connaissances en la matière mais personnellement, la certification ne représente pas un gage de qualité dans le métier, tant il est si facile de l’obtenir de manière… « grey hat » comme diront certains !

Le noob

Être débutant dans un domaine, ce n’est pas un souci, il y a même certains candidats qui l’admettent et souhaitent développer leur expérience en Adwords. Selon le background qu’ils ont avec eux, ça peut être intéressant car il/elle se justifie sur la facilité qu’il/elle aurait à apprendre le métier car il/elle a déjà fait tel ou tel chose dans sa vie professionnelle. Parfois, ça peut passer… Ou pas.

Et puis il y a le noob qui sait qu’il existe une pénurie d’experts Adwords, qui n’y connaît rien mais qui espère te faire cracher du fric car t’es dans une grosse boite et il sait que les analystes SEM, il y en a pas 5000 sur le marché. Au Québec, j’en ai vu très peu des comme ça mais je peux vous dire que ça existe.

Le mec qui ne parle pas la langue

Autre problème plus frustrant. On reçoit un CV et même une lettre de motivation rédigés entièrement en français et avec peu de fautes. Sur papier, ça claque bien, le canditat semble vraiment répondre à la demande. A peine la personne arrive et BAM, on découvre qu’il ne parle pas un mot de français.

Personnellement, ça ne me gêne absolument pas de travailler avec une personne uniquement anglophone. Mais lorsque vous avez des clients francophones pour lesquels il va falloir pousser l’analyse sémantique assez loin, ça ne va pas le faire.

Le marchand de tapis

Clairement, ça démarre avec un CV louche : la personne a été réceptionniste, puis analyste marketing puis directrice d’affaire, puis comptable et voilà qu’elle souhaite faire du Adwords… On regarde le CV, on voit une expérience en Adwords, les certifs obtenus, on tente !

Humainement parlant, c’est généralement le top ! Par contre, on voit que la personne est prête à faire n’importe quel travail pour… Le salaire que vous lui proposerez. Si du jour au lendemain, on décide de le mettre développeur PHP au lieu de spécialiste Adwords, il est d’accord… Y a pas comme un souci là ?

L’élite qui pose ses conditions

De temps en temps, on tombe sur quelqu’un qui s’y connaît bien. 2-3 ans d’expérience, il/elle a les bons réflexes et répond plutôt bien à tous les cas de scénarios que je lui pose.

Seulement voilà, dans la famille « j’ai les chevilles qui enflent », je suis surpris que les siennes n’aient pas encore explosées. Le salaire demandé est souvent mirobolant (certes, on est pas en France mais pas non plus à New York), les avantages demandés sont à la limite de l’abus et le pire, c’est que la personne demande déjà si elle pourra recevoir une formation sur tel ou tel truc.

Là ou ça devient drôle, c’est lorsque vous savez combien cette personne touchait vraiment car au Québec, et surtout à Montréal, le monde du web est assez petit ;).

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