Ça fait longtemps que je souhaitais aborder le sujet de manière concrète.

Je travaille dans le SEO depuis un peu plus de 6 ans, et à mon sens, la partie la plus complexe du métier consiste à convaincre le client de l’importance de vos actions et de vos recommandations. Vous aurez beau avoir des centaines d’idées, être à la pointe en matière de veille, cette barrière se dressera toujours sur votre chemin.

A tous les vétérans du domaine, n’avez-vous jamais été frustré de voir qu’au bout d’un an de travail, voire 2, votre client décide de mener des actions qui, en l’espace de quelques jours, allaient détruire le gain que vous avez réussi à apporter en 12 ou 24 mois ?

Lorsque vous faites du SEO, j’aime bien pour ma part me comparer de temps en temps à un jardinier : je plante des graines et des beaux arbres poussent. Un de mes objectifs est d’éviter que les bûcherons gagnent la guerre en coupant mes arbres.

Cette métaphore, on la retrouve dans la vie de tous les jours. C’est pourquoi j’ai élaboré un liste de 5 éléments qui font parti du quotidien en ce qui concerne la justification de mes actions :

1. Prévoir les conséquences de son travail

Lorsque vous souhaitez mettre en œuvre un projet sur un site, il y a 100% de chance que le client vous demande en % le gain que vous allez apporter. Clairement, c’est le genre de question qui saoule bien, surtout lorsque vous expérimentez quelque chose, sachant que Google modifie chaque mois son algorithme.

Cependant, tout référenceur avec suffisamment d’expérience peut vous fournir une fourchette sur le gain de trafic que votre projet va générer. Pour démarrer, ayez en tête le trafic SEO mensuel moyen/page. Prenez le nombre de pages indexées, divisez-le par le nombre de visites organiques et ça vous donnera déjà un ordre de grandeur. Reste qu’ensuite vous pouvez affiner ce calcul selon le projet que vous allez mener.

2. Penser « atteinte des objectifs » et ROI

Faire du SEO juste pour générer du trafic, bah… Ça pue ! Désolé d’être franc mais pour ma part, je trouve ça pas top. Si vous voulez juste du trafic, il y a des moyens très faciles de gonfler vos pages vues.

Certains diront qu’il n’est pas possible de définir des objectifs en $$ si l’on a pas de site e-Commerce : FAUX ! La majorité de mes clients sont des magazines en ligne et croyez-moi, des objectifs à atteindre, il y en a. Au pire, aidez votre client à les définir si ce n’est pas déjà fait. Quelques exemples :

  • % de visites sans rebond.
  • % de visites à 3 pages vues ou +
  • Nombre d’abonnés supplémentaires via le trafic naturel.
  • Nombre d’inscrits au forum via le trafic naturel.
  • Nombre de personnes qui interagissent avec les médias sociaux depuis le naturel.
  • etc, etc…

Pas besoin de définir 50 objectifs. Ceci dit, rien ne vous empêche de créer des objectifs intermédiaires pour qualifier votre travail (voir ci-dessus). Et bien entendu, tout ça peut se monétiser en $ :-).

3. Chaque semaine, proposez du SEO au client, dans son petit déj !

Derrière ce titre un peu provocateur se cache en fait la volonté de promouvoir le référencement auprès de vos différents collaborateurs. « Ils m’ont engagé en tant que SEO guy, ils savent que c’est important » : FAUX !

Oui, on vous engage, mais j’ai bien souvent remarqué que le SEO est partiellement connu de la part de son employeur et de vos collaborateurs. Quand on vous sort « Ah t’es le mec qui choisit les mots-clés, sois le bienvenue », vous savez qu’il y a du boulot en terme d’évangélisation :).

Pour ma part, j’ai choisi l’option de faire des ateliers (Workshop) SEO en interne, ainsi que quelques formations, en m’adaptant aux différentes équipes. Ça prend du temps, vous devez être à l’aise à l’oral mais si vous le pouvez, faites-le.

En complément, vous pouvez faire des petits guides SEO propre aux différentes équipes avec qui vous travaillez. Au fur et à mesure, surtout si ça se passe bien, les gens en redemanderont, s’informeront davantage sur tel ou tel point et viendront peut-être même vous voir pour savoir si le point C évoqué lors de votre présentation d’il y a 2 semaines pourrait être appliqué au site si un budget de x$ est débloqué : dans ce cas-là, vous avez gagné !

4. Ne pas agir en solitaire

Lorsque vous êtes un in-house comme moi, bien souvent, vous travaillez dans votre petite cellule, que vous soyez rattaché à l’équipe technique ou marketing. Créer des relations avec les équipes qui touchent le plus à votre métier, intéressez-vous à ce qu’ils font et étudiez les tendances en internes.

Déjà, ça vous permettra d’en apprendre un peu plus sur certaines choses, mais ça permettra également de créer certains liens grâce des objectifs communs que vous pouvez avoir avec les techos.

L’exemple le plus récurrent concerne le temps de chargement d’une page. Je fais toujours front commun avec les équipes techniques pour éviter que le client ajoute des fonctionnalités inutiles qui vont ralentir le chargement de pages de 3 ou 4 secondes supplémentaires… Mais j’imagine que vous avez bien d’autres exemples en tête !

5. Éviter de penser que tout est terminé

Je termine cette réflexion sur ce point. Après un beau projet mis en ligne, le client me dit souvent : « Good job, maintenant que la partie SEO est terminée, on va attendre un peu avant de faire une quelconque modif pour le trafic organique » : ERREUR !

Le SEO d’un site n’est jamais totalement terminé. Il y a toujours matière à faire, toujours des points à optimiser, remanier.

Jamais je n’oserais dire à un client « la visibilité de votre est excellente, on peut s’arrêter là ». Déjà, ça serait mentir au client mais surtout, ça serait le priver de toute bonne évolution concernant sa visibilité depuis les moteurs.

Google change chaque jour un point de son moteur. Rien que les changements « majeurs » à eux seuls occupent déjà une bonne partie de l’année. Quant à Bing, et bien c’est pareil, le moteur évolue également et récemment, la dernière version a été lancée, avec plein de nouvelles règles concernant la prise en compte des réseaux sociaux…

On est loin de s’ennuyer !