2026 a démarré depuis quelques semaines. L’année s’est déroulée à toute vitesse. C’est l’occasion de prendre de la hauteur par rapport à l’an passé et faire le point par écrit.
Ceux et celles qui me lisent depuis longtemps savent que je vivais aux US en 2025 et même avant, depuis 2018 exactement. Sauf que cette fois-ci, 2025 a été marquée par un grand déménagement.
Mise en contexte
2025 a été une année ou j’ai pu travailler pour des clients intéressants avec des contacts très sympas (coucou Amika et Withings). Je travaillais en agence et si ça se passait bien avec mon équipe (et mes supérieurs), le rythme de travail était assez éreintant. Contrairement à 2024 qui fut une année très stressante, 2025 était une année bien remplie.
Tout allait bien au boulot, l’évaluation de ma performance fut positive, le travail se poursuivait avec des résultats à la clé. Sauf qu’en parallèle, l’entreprise se fait racheter par un fond d’investissement et là, tout commence à changer. Ca coupe de partout et évidemment, étant basé aux US, mon salaire est dans le haut du panier et ça commence à poser problème. C’est dommage, car ils voulaient développer leur visibilité aux US, mais visiblement, payer bien plus qu’un salaire français restait problématique pour l’agence (c’est ce qui m’a été dit mot pour mot).
Mi-mars, j’apprends donc que je fais parti d’une vague de licenciement économique… Pour la deuxième fois depuis que j’habite aux Etats-Unis. La différence cette fois-ci est que je reste calme, ne stresse pas et négocie une indemnité de départ bien supérieure à ce qui se fait normalement dans le pays.
Ce moment fut aussi un déclic pour se dire qu’il était temps de rentrer au Canada. De plus, avec Trump qui s’amuse à augmenter les prix/contraintes sur les différents visas (au hasard H1B), je me dis que les visas TN ne sont pas nécessairement très loin dans le viseur du président (bon, j’avais tort car en janvier 2026, il n’y a pas encore touché).
Ma femme étant complètement alignée avec moi, nous commençons donc à planifier notre retour à Montréal. Fini la dépendance aux visas, l’impossibilité d’accepter du travail à cause de son statut, il est temps de rentrer au bercail.

Préparation du retour au Canada
Rentrer au pays est une excellente nouvelle en soi. En revanche, ça requiert beaucoup de préparation administrative. A l’aller, ce fut simple, car Vista qui m’avait embauché se chargeait de tout, y compris du déménagement de nos affaires. Rentrer de son plein gré, c’est une autre histoire.
Plusieurs points à couvrir :
- Récupérer mon appartement = en discutant avec mes locataires, j’ai eu la chance qu’ils acceptent de partir plus tôt pour qu’on puisse y rentrer en famille, donc on a eu un logement à notre arrivée.
- Trouver un nouveau travail = en parlant un peu avec quelques connaissances basées au Canada, c’est le travail qui m’a trouvé en fait, avant même de déménager. Depuis juillet 2025, je travaille chez Workleap. Le processus d’embauche était bien cadré, y compris sur le travail pratique qui m’a été demandé. Réaliste et précis, il résultait surtout dans une discussion qui était pour mon employeur l’opportunité d’analyser mon esprit d’analyse/critique/travail d’équipe.
- Faire le nécessaire pour la douane canadienne = même en faisant le ménage et en revendant plusieurs choses, on revient quand même avec pas mal d’affaires. D’un point de vue douane, il faut remplir le formulaire BSF186 qui permet de déclarer tous les biens possédés aux US avant l’entrée au Canada.
- Revendre le superflu = Avant le départ, on en profite pour revendre pas mal de choses. A quoi bon prendre ce canapé qui de toute façon prend trop de place dans le camion ? Ou encore ce barbecue ? Bref, ça a été la phase création d’annonces en tous genres sur Facebook Marketplace car c’est ça qui fonctionne aux US. Quant aux quelques trucs invendables, tu les mets devant ta maison, tu écris “FREE – HELP YOURSELF” et ça part en moins d’une matinée.
- Louer un gros camion = U-haul existe aux US et Canada donc je suis passé par eux pour le laisser à Montréal par la suite. J’avais loué un camion de 20 pieds (environ 6m), mais le jour même, ils me donnent un camion de 26 pieds car c’est tout ce qu’il leur reste (environ 8m) ! Assez impressionant mais après quelques minutes de conduite, ça se manie sans problème. Par contre le V10 est un aspirateur à essence !


- Engager de l’aide pour charger et décharger = j’ai beau conduire un gros camion de Boston à Montreal (environ 8h de route avec une petite pause), charger et décharger n’était pas possible seul ou avec madame. Heureusement, Taskrabbit est parfait pour ça. 2-3 types qui m’aident à tout charger à Boston et deux autres qui m’aident à décharger à Montréal.
- Trouver une garderie pré-scolaire pour le petit = retrouver une garderie pour mon fils était une autre paire de manche, surtout qu’on cherchait un établissement bilingue (vu qu’il a entendu majoritairement de l’anglais à l’école, même s’il comprend le français et un peu le farsi). Heureusement, on en a trouvé une pas mal du tout (et on est toujours ravis de notre choix).
- Adapter l’emploi de Madame pour le Canada = mon épouse qui travaille dans le domaine de la santé a réussi à garder son poste, tout en travaillant 100% à distance depuis Montréal, et ça, c’est vraiment chouette ! Elle est passée en contractuelle permanente et il y a une pénurie dans son domaine, donc ce ne sont pas les patients qui manquent. Et son professionalisme est exemplaire, je suis très fier de ma femme et de tout ce qu’elle a pu accomplir dans son domaine !
- Fermer les comptes = assurances, internet, electricité, gaz, services US divers. Ca va généralement vite, mais chez certains, pour vraiment fermer un compte, il faut encore appeler un numéro ou alors déposer l’objet à un endroit spécifique (merci Verizon de me compliquer la vie -_-).
- Se réinscrire aux services canadiens = c’est tout l’inverse qui se produit ici. On se réinscrit à l’assurance santé, electricité, assurances, etc… Ca va relativement vite car nous sommes déjà citoyens canadiens, mais ça reste quand même de la paperasse et du temps.
Le retour à Montréal
Une fois tous les trois dans notre chez-nous, on a pu enfin souffler un peu. Le stress financier qui chute brutalement, le sentiment d’isolement qui disparaît et surtout la possibilité de vivre comme on le souhaite, sans dépendre d’un quelconque visa. Mini Ramenos étant né aux US, la douane lui file un visa mais zéro pression. Ca a été du genre “Essayez de lui faire une demande de citoyenneté d’ici 6 mois, sinon no stress, on peut le mettre sur un autre visa”… Ca change de la douane américaine !
Être rentré au Canada était non-seulement la bonne décision, mais un changement qui nous a rendu bien plus heureux au quotidien. Amis et famille ne sont pas loin et surtout, on habite dans une ville ou il y a de la vie et une population – en grande partie – charmante et aidante. Avec du recul, ce retour n’est pas du tout un échec, mais un choix de vie stratégique et judicieux pour le bien de ma famille… Et mon bien-être mental. La pression de devoir retrouver un travail avec un visa aux US est quelque chose que je ne souhaite à personne.
Le froid en hiver ? Je l’ai subi pendant 8 ans avant le départ aux USA sans problème, ça reste donc quelque chose qui me passe au-dessus de la tête. Ok, il neige et il fait froid durant 3-4 mois : on en profite pour faire du ski, de la luge et des activités spécifiques. En plus de ça, Mini Ramenos adore la neige (on a de la chance).
Pour terminer sur les Etats-Unis, on en a bien profité pendant plusieurs années avec des voyages à l’intérieur du pays. Le territoire est immense et il reste encore quelques endroits que j’adorerais visiter, mais ça se fera en temps et en heure. Ca me fait penser qu’il faudra que je mette à jour le carnet de voyage qui n’a pas reçu de mise à jour depuis la fin 2021 tout de même !