Créer un service de streaming musical simple

Cela fait maintenant quelques années que j’ai lâché complètement Spotify. Ce logiciel, prometteur à sa sorti (j’avais vraiment accroché lorsqu’il était en beta), s’est complètement “merdifié” avec le temps. La version gratuite est devenue quasi inutilisable d’un point de vue UI, le nombre de bouzes générées par IA a gonflé et même la version payante s’est alourdie quelque chose de grave.

Depuis, je passe principalement par Bandcamp, Qobuz ou encore Beatport pour pouvoir acheter à prix respectable de la musique et l’écouter au format FLAC sur mon ordinateur. De plus, ces plateformes (surtout Bandcamp) font un bien meilleur travail que Spotify pour vous faire découvrir de nouveaux artistes similaires ou relatifs.

Depuis que j’ai changé de job, il m’arrive d’aller au bureau une fois/semaine, ce qui fait que j’ai envie d’avoir du son dans mes oreilles en y allant et en revenant. J’ai réfléchi du coup à comment me monter un petit service de streaming musical maison très simple mais super fonctionnel.

Pour cela, je suis passé par trois étapes :

  1. Choisir le bon format pour mes morceaux
  2. Héberger la musique
  3. Trouver le programme pour écouter la musique

1. Choisir le bon format

La première chose à faire est de choisir sous quel format je vais vouloir écouter ma musique au quotidien, que ce soit depuis mon casque ou alors en voiture. Le format FLAC est davantage réservé à l’écoute à la maison depuis le PC ou les enceintes du salon car le format FLAC… Ca pèse quand même son poids !

J’ai opté pour le format populaire MP3 en 320kbits. C’est compressé, mais ça reste tout à fait acceptable pour une écoute en vadrouille, sans pour autant manger trop d’espace disque. J’aurais pu opter pour un format ogg vorbis qui permet de prendre moins de place pour un format similaire, mais j’ai fait au plus simple.

Pour convertir les fichiers, j’ai utilisé dBpoweramp sous Windows qui reste selon moi le meilleur logiciel pour faire ça. Il est rapide, pratique et peu cher. Sous Linux, le programme SoundConverter fait tout aussi bien la chose et en plus il est gratuit. Je l’avais installé par défaut sur Fedora donc zéro effort.

Si vous souhaitez en lire davantage sur le format de fichier audio à choisir dans les détails, je vous invite à parcourir cet excellent long article de Flozz qui est détaillé et complet.

2. Héberger les morceaux

C’est probablement la partie ou le débat peut partir dans tous les sens et sans fin : NAS à la maison, Plex, Jellyfin, un Raspberry, etc… Si j’avais du temps, j’aurai sans doute exploré ces options, mais en tant que papa occupé travaillant à temps plein, j’ai finalement choisi un stockage chez pCloud. La création de compte prend quelques minutes et en s’y prenant bien, on peut avoir 10go d’espace disque gratuitement, ce qui est déjà pas mal du tout.

Avec un morceau qui fait dans les 6-7Mo en moyenne, il y a de quoi stocker plus de 1700 morceaux, j’ai de quoi voir venir. Et au pire, je pourrai toujours acheter un espace de stockage plus grand, le stockage “dans les nuages” est très abordable de nos jours.

Vous pouvez aussi stocker tout ça sur un Google Drive, mais vu la politique de Google ces dernières années à supprimer et fermer des comptes pour des raisons non-justifiées, je préfère éviter.

3. Trouver le programme pour écouter la musique

Interface CloudBeats

Ici, le choix a été très personnel. Je voulais quelque chose d’ergonomiquement correct, gratuit, sans pub et facile à mettre en place. Je vais vous le dire tout de suite : si vous avez un téléphone Android, vous avez davantage de choix qu’avec Apple, avec notamment Symfonium qui est vraiment top.

Malheureusement, je suis sur Iphone donc j’ai sélectionné CloudBeats qui fait l’affaire. Il se configure en quelques minutes et rien à redire sur la stabilité. Il est simple à utiliser et dispose des fonctions essentielles d’une lecteur de musiques qui me conviennent.

Depuis ma station de travail/laptop sous Linux, j’ai testé Lollypop et MMarco94 qui font un bon travail et sont dotés d’une interface qui me convient.

Pour les plus curieux(ses), il y a aussi Amberol, mais je n’ai pas eu le temps de l’essayer.

Conclusion

Se monter un petit serveur de streaming musical peut sembler être une tâche intimidante, voire qui peut sembler fastidieuse, mais il est tout à fait possible d’opter pour la simpliciter, comme j’ai choisi de le faire, sans flinguer sa sécurité.

Evidemment, certains me diront que j’aurai pu auto-héberger tout ça, ou alors prendre un autre hébergeur, mais au final, c’est juste pour écouter de la musique comme je le souhaite, à ma façon. Sans compter que ce stockage dans le Cloud ne contient qu’une copie au format MP3 des morceaux légalement obtenus sur des plateformes et qui sont sauvegardés à plusieurs endroits au format FLAC à la maison… Et sur un disque en vadrouille.

En plus de cela, ça reste flexible. Je veux changer d’hébergeur ? Pas de souci, la migration ne prendra que quelques minutes. Je souhaite utiliser un autre lecteur ? Aucun problème, ça se change rapidement.

Contrairement aux plateformes de streaming propriétaires, je dispose d’une flexibilité que je comprends et maîtrise, sans qu’on me pompe la vie avec des features non-nécessaires, un mauvais usage de l’IA, un abonnement à payer pour éviter la pub ou encore un format audio trop compressé.

Et enfin, peu importe l’endroit ou j’achète ma musique, tant que c’est légal, je mets mes morceaux ou je le souhaite, sans contrainte. Alors, ça prend du temps certes, car je n’ai pas une base de données avec 20 000 morceaux dès le premier jour, mais est-ce que j’en ai vraiment besoin ?

Ce système me permet d’écouter et profiter des morceaux que j’achète (voire qui sont parfois mis gratuitement à disposition de l’utilisateur sur Bandcamp) et c’est tant mieux.

Pour la découverte, je prends le temps de promener sur Bandcamp et les découvertes se font naturellement et avec plaisir.